« Référentiels de bonnes pratiques : industrialisons nos savoir-faire » – Kiwi Party

Quand Élie m’a proposé de faire notre présentation « Industrialisons nos savoir-faire » à la Kiwi Party (mai 2012), j’étais ravie de cette nouvelle occasion de présenter ce chantier.

Kiwi PartyJ’en profite pour dire que je venais pour la première fois à la Kiwi Party et que j’ai été épatée par l’organisation, l’accueil, l’ambiance, le programme …bref, la qualité de l’événement. Merci Alsacréations.

Entre autres choses, ce que j’aime dans notre présentation, c’est que le fait de la présenter à deux, nous apportons tous des deux des angles différents. Élie Sloïm, en tant que qualiticien qui travaille et réfléchit sur la qualité web depuis près de 10 ans et qui est à l’origine du projet Opquast ; moi, Delphine Malassingne, sur le terrain en tant que Responsable qualité web depuis bientôt 3 ans et dans deux sociétés très différentes.

Le but de cette conférence était donc de montrer au public en quoi les check-lists sont faites pour eux mais surtout qu’elles doivent être …faites par eux !

Déjà, pourquoi faire des check-lists ?

Les référentiels de critères sont utiles à différents moments et dans différents contextes.
En conception, pour de la montée en compétence et du suivi de cette évolution ou du suivi de production, pour faire du contrôle ou même de la certification.
Cela peut intervenir sur un projet mais aussi sur un ensemble de projets, sur une équipe, pour valider une nouvelle procédure, etc.
Cela va contribuer à la valorisation des personnes et/ou des savoir-faire, à la communication, à alimenter des argumentaires ; le tout à l’interne comme à l’externe.

On part également du constat que l’ensemble des professionnels du web détiennent à eux tous un savoir-faire considérable. Si celui-ci est partagé – entre collègues, sur des blogs, dans des communauté, des mailing-list, des conférences, etc. – il n’en est pas moins dispersé.

Or, ce savoir pourrait être réuni au sein de check-lists communes auxquelles non seulement tout le monde pourrait participer mais surtout, qui seraient ensuite utilisées et utilisable librement par tous : en licence libre.

C’est de cette volonté d’ailleurs qu’était né Opquast (pour OPen QUAlity STandards) : des standards de qualité ouverts.

Des check-lists ont déjà été produites ainsi : celle sur la qualité web, OpenData, le référencement naturel, Accessibility Steps, la performance web dont l’atelier public vient d’ouvrir. (1)

Et il en reste à produire ! Voici les éléments que nous avons souhaité partager pour tous ceux qui sentiraient poindre l’embryon d’une idée 😉

Toute première étape : se poser la question de la valeur ajoutée. La check-list que je projette de faire existe-t-elle déjà ? sous quelle forme ? Si non, pourquoi ?

Prévoir ensuite une « équipe ». Notre conseil est d’avoir un expert méthodologique qui assurera le cadrage, un expert technique maîtrisant le sujet de la check-list et un ou des utilisateurs, c’est-à-dire ceux qui vont utiliser la check-list.

Prévoir aussi dès le début quelle méthode et quels outils seront utiliser. Si nous nous présentons et conseillons la méthode Opquast – Élie qui l’affine depuis des années et moi qui l’ai adoptée – vous pourriez très bien préférer une autre méthode (dites nous laquelle et pourquoi 😉 !). Quoi qu’il en soit, il faut avoir une méthode prévue.

Le processus Opquast passe par une phase de brainstorm qui sert à réunir de la matière ; un atelier privé pour dompter cette matière, reformuler, trier et enfin l’ouverture d’un atelier public où tout le monde vient challenger les critères retenus, en proposer d’autres, faire des améliorations, etc.

Tout le challenge de la création de check-lists est de s’assurer qu’elles soient suffisamment robustes pour êtres utilisables et pérennes.

Ayez déjà en tête la façon dont la liste sera utilisée.
Le but d’un référentiel n’est pas d’englober un niveau d’excellence difficile à obtenir, difficilement maintenable et souvent générateur de frustration. Il ne s’agit pas non plus de vouloir à tout prix atteindre une conformité totale. Enfin, il faut se méfier de la sur-qualité qui fait perdre du temps pour un résultat non productif.
Ces listes n’ont pas pour objectif d’être des tables de la loi à suivre absolument ; elles sont un rappel des bases, des choses à avoir vu et sur lesquelles avoir statué. Et lorsqu’on fait l’audit, un critère peut tout à fait être passé en non-conforme parce qu’on a une contrainte technique, une volonté du client, un souhait, etc.Ce qui compte, c’est qu’il y ait eu un arbitrage qui a motivé cette décision. C’est ce lâcher-prise et ce pragmatisme qui vous aideront à éviter les écueils de la sur-qualité et à gérer le suivi dans une optique d’amélioration continue.

Passons maintenant aux critères eux-mêmes. Là aussi, des écueils sont à éviter. Le but est que la liste obtenue ne puisse pas être contestée et que sont utilisation ne puisse pas être contestable. Un critère doit donc :

  • être international
    « La politique de confidentialité et de respect de la vie privée est accessible depuis toutes les pages » (plutôt que « Le site est déclaré à la CNIL »)
  • être vérifiable
    « Tous les hyperliens internes du site sont valides » (plutôt que « Les hyperliens sont vérifiés toutes les semaines »)
  • faire consensus
    « L’utilisateur est averti des ouvertures de nouvelles fenêtres » (plutôt que « Les hyperliens externes s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre »)
  • être réaliste
    « Les dates sont présentées dans des formats explicites » (plutôt que « Chaque page contient la date de création, de mise à jour et de péremption »)

C’est en faisant une fiche par critère que vous allez valider ces quatre éléments.

NB : Un livre reprenant justement l’ensemble de 217 bonnes pratiques de la liste Qualité web avec une fiche détaillée pour chaque va justement bientôt paraître.
(Curieux ? Cliquez sur l’aperçu ci-dessous)
Je le disais au début, le but de cette présentation était que vous vous appropriez l’envie et la mise en œuvre de check-lists professionnelles pour tous. Nous avons donc été ravis, Élie et moi, des échanges qui ont suivi la conférence.
Certains ont manifesté l’envie d’une check-list sur l’ergonomie, d’autres nous ont parlé de leurs propres référentiels initiés en interne, des questions très pertinentes ont été posées – sur les contradictions entre deux listes par exemple – etc.

De beaux projets devraient naître de tout ça !
Si vous avez des idées, n’hésitez pas à vous manifester ! auprès de l’équipe d’Opquast, ici-même.- nous relayerons – ou lors de manifestations publiques.

Diaporama de la présentation

(1) Allez jeter un œil et participer à l’appel à commentaire de l’atelier sur la performance web.

Nous parlons ici de checklists communautaires. Pour une démarche individuelle et/ou pour vous aider dans votre réflexion, nous vous invitons à consulter aussi Ma checklist qualité du web designer.

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A propos Delphine Malassingne

C’est peut-être parce que j’aime bien classer, normaliser et entrer dans les détails que j’en suis arrivée à la gestion de la qualité web. Je suis pourtant partie d’une formation initiale artistique (arts plastiques et histoire de l’art) mais c’est vers Internet que je me suis tournée. J’y voyais un formidable outil de communication et de transmission de l’information. J’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres : celles qui m’ont conduite vers la vision utilisateur, les standards du web, l’accessibilité numérique, etc. J’ai pu alors me forger ma propre conviction que j’ai cherché à appliquer dans mon travail de développeuse front-end et à partager autour de moi. Devenue responsable qualité web depuis juin 2009, je n’ai de cesse de me perfectionner sur ce métier encore naissant et de le faire connaître.

2 réflexions au sujet de « « Référentiels de bonnes pratiques : industrialisons nos savoir-faire » – Kiwi Party »

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