Les bienfaits de l’inclusive development

Denis Boudreau à Paris Web 2011

Retour sur une conférence que j’attendais avec impatience à Paris Web : SEO, mobilité et accessibilité : la sainte trinité d’un développement Web inclusif (la présentation est disponible) par Denis Boudreau.

Denis Boudreau, président de la Coopérative AccessibilitéWeb et expert en accessibilité numérique depuis 11 ans, nous a proposé de revoir l’approche d’un projet face à l’accessibilité. Comment faire simple et propre (le fameux KISS) en revoyant la stratégie de développement et en convertissant les intervenants et les interlocuteurs plutôt que de chercher à les convaincre.
Pour lui, le KISS est un simple retour à l’intention du web :

  • oublier les obligations : viser le résultat
  • ne plus être paralysé par l’ampleur de la tâche : segmenter en sous-tâches moins complexes et itérer

Pour arriver à cet objectif, il propose l’approche suivante, l’inclusive development. Elle s’appuie sur la “trinité” : ACCESSIBILITÉ – SEO – MOBILE.
Elle consiste à faire travailler ensemble différents aspects du web, à inclure différents métiers dans le même développement (au sens réalisation). Cela offre plusieurs avantages :

  1. mieux vendre l’accessibilité, en s’appuyant sur d’autres pratiques plus commerciales (SEO, mobilité), en élargissant le spectre et en amplifiant les valeurs de l’accessibilité.
  2. englober une multitude de bonnes pratiques (qui se recoupent mais qui sont souvent complémentaires) pour mieux réaliser un site et en cela, on atteint une gestion de la qualité web extrêmement complète.
  3. adopter la démarche de l’amélioration continue

Cette approche offre un indéniable et appréciable parallèle avec la démarche de qualité web : la transversalité. Elle rejoint entièrement la qualité web et la gestion des différentes facettes de sa complexité : standards, performance, compatibilité, interopérabilité, sécurité, ergonomie. Le développement inclusif permet d’atteindre la quasi-totalité des métiers et des compétences en charge d’un projet web.

L’arrivée tonitruante de la mobilité et du marché inhérent permettent d’ajouter de nouveaux œufs dans le panier de la qualité web. J’avais pour usage de défendre l’accessibilité en y adjoignant les bonnes pratiques SEO et les bonnes vertues du respect des standards web occasionnant une meilleure interopérabilité. Le triptyque proposé par Denis présente l’avantage de fournir des arguments percutants pour la gestion de la qualité web mais aussi pour la gestion de projet grâce à ce nouveau vecteur de communication où tout interlocuteur (MOA , marketing, finance…) prête une oreille attentive dès son évocation.

L’inclusive développement associé à la méthode Kaizen (amélioration continue) permettraient-ils d’augmenter considérablement la qualité globale d’un projet web et par conséquent la satisfaction des clients et utilisateurs ? Qu’en pensez-vous ?

Crédits photo :
Franck Paul

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A propos David Lafon

Plus de 10 ans d’expérience dans le web, très sensible à la qualité web, aux respects des normes et à l’utilisabilité. Depuis 2009, je m’occupe de la qualité web mais aussi de l’expérience utilisateur au sein d'une agence européenne. La rencontre avec Delphine m’a permis de faire émerger un vieux projet, que nous partagions : faire connaître la qualité web avec un aspect pragmatique et proche des préoccupations de chacun.

6 réflexions au sujet de « Les bienfaits de l’inclusive development »

  1. Sur le principe, je suis d’accord et j’aime même bien le concept : partir d’un socle donné pour garantir une qualité dans plusieurs domaines, tout en travaillant à l’amélioration continue.

    C’est ce que j’essaie de faire quand en tant qu’inté, j’explique par exemple à mon graphiste de travailler sur ses maquettes les contrastes de manière à les rendre accessibles, où quand on se met autour de la table avec le responsable Google Analytics pour penser « structure de site » afin de pouvoir en tirer des objectifs afin de chiffrer les ROI d’un processus ou même du site (par exemple, mais il y en aurait beaucoup).

    En pratique, je relativiserais : l’inclusive development est une pratique que je fais depuis quelques années en enrichissant le socle de départ de mes sites, donc au final, c’est de l’amélioration continue (je me suis rendu compte que comme Mr Jourdain, « je faisais de l’inclusive development depuis plusieurs années sans le savoir »).

    Néanmoins, je la tempèrerai par une réalité de terrain : sur bon nombre de projets, je fais des one-shot : une fois le site pondu, ni le client ni nous-mêmes ne pouvons (pour des raisons très valables : budget, disponibilité, non-besoin) y revenir sans cesse pour améliorer. Donc dans ce cas, le duo Kaizen/inclusive development trouve ses limites.

    Autre cas de figure : j’ai pour ma part la chance d’avoir toute mon équipe dans le même bureau, donc les discussions qualité peuvent aller bon train de manière informelle et très rapide. L’équipe étant restreinte et une certaine liberté étant offerte, les décisions peuvent être prises très rapidement, sans avoir les lenteurs d’un pachyderme.
    Imaginons une équipe nombreuse et très éclatée, la communication peut être plus délicate, et donc l’amélioration freinée. Dans ce cas, la question serait de savoir comment mettre en place ce système dans une réalité qui lui est peu favorable ?

    • Merci Nicolas pour ta réponse.
      Il est bien évident que l’inclusive development et l’amélioration continue sont des principes de travail qui ne sont adaptés qu’à des typologies de projet spécifiques. Tous les projets ne pourront pas prétendre à ces préceptes. Tu le soulignes, les raisons peuvent être diverses et valables : un site événementiel (qui aura donc une durée de vie courte) n’aura pas les mêmes besoins qualitatifs qu’un site e-commerce (dont les contraintes en terme de performances, de sécurité, de suivi et de réactivité font partie des priorités). Cependant, le principe est de tendre vers cette démarche et de s’habituer (soi-même et les équipes avec qui on travaille) à avoir les bons réflexes. J’ai pu m’en apercevoir, au fur et à mesure, les réticences laissent place à la compréhension puis à l’adhésion. La mise en pratique peut être longue car elle peut bousculer fondamentalement les (mauvaises) habitudes prises par tous.
      Concernant les équipes éclatées et/ou nombreuses, c’est le rôle du chef de projet et du responsable qualité web de coordonner les efforts et de mutualiser les connaissances. Tout dépend de la volonté et de l’investissement de chaque intervenant sur un projet donné.
      Dans tous les cas, le travail sur la qualité (web ou non) demande des efforts constants.
      Mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? 😉

      • Le jeu en vaut totalement la chandelle ! 😀
        Sans faire de la qualité pour la qualité, ça amène des gains de productivité, moins de stress pour les équipes, du renouveau, etc.
        Typiquement, quand mon collègue commence à lorgner sur mes techniques car elles lui font gagner du temps ou qu’il a envie de s’amuser avec HTML5, je me dis que c’est super que ce que j’ai fait l’ai motivé à tenter. 🙂

        Si je montre les limites, c’est par simple pragmatisme : j’aime montrer que les choses ne sont pas manichéennes, il y a un juste milieu à tout… mais c’est très personnel. 🙂
        Et ça n’invalide pas l’idée de base, bien au contraire, j’en suis totalement convaincu.

        Je constate les mêmes choses en tout cas : les mauvaises habitudes s’effacent (+ ou – lentement), la qualité amène une chose : le plaisir et la fierté du travail bien fait. Et ça, ça motive une équipe.

        Et accessoirement, ça la blinde le jour où elle va devoir se frotter à un projet tellement énorme que tout va être mis à l’épreuve : qualité, nerfs, limites, etc. là aussi, c’est du vécu, quand toute l’équipe est lancée dans l’arène et que c’est la guerre, elle a intérêt à être soudée si elle veut s’en sortir.

  2. Ce qui est amusant, c’est qu’on a beaucoup discuté avec Denis sur ces sujets, et on a été très rassurés de voir que des deux côtés de l’Atlantique on avançait en même temps sur ces sujets, et qu’on se rejoint complètement en ce moment sur l’évolution de nos démarches : la maturité de l’expertise accessibilité commence à se faire sentir, on modère les règles, on commence à savoir mieux conseiller, et on décloisonne avec d’autres domaines (internationalisation, interopérabilité) qui constituent tous ensemble la qualité web.

    Bref, les choses vont dans le bon sens. Merci pour ce compte-rendu.

    • J’ai eu le même étonnement à Paris-web, croiser des gens qui ont les mêmes pistes de réflexion alors qu’on ne s’était jamais rencontré dans une des quatre dimensions, c’est proprement étonnant : surtout sur des équipes totalement différentes.

  3. A mon avis, avoir plusieurs angles d’attaque pour la qualité web semble être une bonne méthode et je suis content qu’elle trouve de l’écho ici. La visibilité accrue des métiers de la qualité web, grâce notamment à Paris Web (et non LeWeb, hein 😉 ) me laisse penser qu’effectivement, on est sur la bonne voie et qu’il faut continuer.
    Merci Stéphane pour ce retour et tes encouragements.
    @Nico : tu as raison, Paris Web permet de rencontrer un tas de personnes extraordinaires qui travaillent avec un objectif commun et des réflexions sur le fonctionnement d’internet en accord avec les principes de la qualité web. Je ne peux que continuer à recommander d’y aller et d’y aller puis d’y retourner. Les sujets et les discussions sont toujours à la pointe, mais tu le sais déjà 😉

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