Éco-conception web, les 100 bonnes pratiques – note de lecture

Étant assez sensible aux problématiques environnementales (et adepte de bonnes pratiques), il aurait été dommage que je passe à côté de ce petit livre (en tout et pour tout 128 pages). Comme son nom l’indique, il propose 100 bonnes pratiques pour concevoir un site ou un service web avec une empreinte écologique la plus réduite possible. Petit retour sur cette lecture.

Préambule

Une liste de bonnes pratiques, telles que présentées dans ce livre, permet de mettre en place une démarche de gestion de la qualité viable. En effet, le fait de pouvoir contrôler et mesurer chaque bonne pratique permet de faire un suivi dans le temps de l’évolution d’un service, normalement son amélioration.

Contexte

Avant d’entrer dans le vif du sujet, la préface et l’introduction du livre donnent déjà des explications sur la raison d’exister de ce livre.

C’est le moment de la présentation des chiffres chocs de l’impact des TIC sur le climat. On apprend ainsi que 2% des émissions mondiales de CO2 proviennent des TIC (ce qui équivaut aux émissions du trafic aérien mondial) et ce taux devrait doubler d’ici 2020. On apprend encore que tous les mois, 23 millions de gigaoctets de données sont chargés inutilement sur les sites web, soit 5 millions d’heures d’attente cumulées ! Et ces chiffres datent de 2010, autant dire qu’ils auront assez probablement gonflés depuis.

Un peu plus étonnant par contre, on découvre aussi que ce livre n’aurait sans doute pas vu le jour sans la volonté d’une entreprise privée, la Banque Cantonale de Fribourg (BCF) en Suisse, de réduire l’empreinte écologique de ses systèmes informatiques (parc informatique, serveurs mais aussi sites web). Grâce à cette démarche globale, la BCF a ainsi pu faire des économies substantielles. Par exemple, la virtualisation de leurs serveurs a permis de réduire par 10 le nombre de machines physiques. Ou encore, la suppression régulières de leurs données chaque année leur a permis de réduire de 40% l’espace de stockage.

Bref, voilà une preuve supplémentaire des bénéfices qu’une entreprise peut tirer en mettant en place une démarche d’éco-conception. Et plus globalement une démarche de gestion de la qualité web !

Bonnes pratiques

On passe ensuite assez vite aux bonnes pratiques qui concernent tous les domaines concernés par un service web. On y parle ainsi de serveurs, de bases de données, de design, d’intégration HTML, de polices, de développement, de CMS, d’e-mails, de production de contenus… tous les domaines sont traités. Si les sujets sont variés, il faut toutefois noter que la grande majorité des bonnes pratiques concernent des points techniques.

Chaque bonne pratique est expliquée brièvement et illustrée par un exemple.
En complément, plusieurs critères permettent d’aider à prioriser les actions à mettre en place :

  • La priorité détermine si la bonne pratique a un fort potentiel de réduction de l’empreinte écologique, qu’elle est facile à mettre en œuvre ou s’il elle est nécessaire à l’application d’autres bonnes pratiques. Si elle est non prioritaire, la bonne pratique a un potentiel d’économie limité ou est difficile à mettre en œuvre.
  • La mise en œuvre précise la facilité d’application de la bonne pratique, notamment si elle nécessite une expertise technique avancée ou pas.
  • L’impact écologique précise si la bonne pratique a un impact écologique élevé ou s’il est au contraire minime.

En plus de ces trois critères, sur chaque bonne pratique sont précisées les ressources qu’elle permet d’économiser si on l’applique. On y trouve :

  • Le processeur : économiser le processeur permet d’allonger sa durée de vie, donc par extension celle des machines.
  • La mémoire vive : un site optimisé réduira la mémoire vive utile à son affichage et permet d’allonger la durée de vie des équipements.
  • Le stockage : plus on économise de l’espace, plus grandes sont les économies (moins de serveurs, moins d’énergie consommée, etc).
  • Le réseau : il s’agit ici essentiellement de la bande passante. Plus son usage est réduit, plus les économies sont grandes.
  • Les requêtes : limiter le nombre de requêtes (HTTP, SQL…) permet de limiter les besoins en ressources physiques.

Bref, le lecteur dispose de tous les éléments nécessaires pour savoir quelles sont les bonnes pratiques les plus utiles à appliquer, en fonction de son contexte et de ses compétences.

Avis

Une fois la lecture terminée, on se rend compte du nombre incroyable de détails sur lesquels on peut agir pour réduire l’impact écologique de son site web. Et le livre a l’avantage d’être très court et très concis.
Mais cet avantage a un point noir : la plupart des bonnes pratiques sont expliquées assez sommairement. Comme il s’agit la plupart du temps de points techniques, l’application de certaines bonnes pratiques peut être rendue difficilement exploitable pour les non techniciens.

Ce livre est donc avant tout une boîte à outils qu’il sera bon de partager avec l’ensemble des acteurs intervenant sur un projet web.
Car on ne le rappellera jamais assez, qu’il s’agisse d’environnement ou de qualité web, la clé du succès réside dans la participation active de tous les acteurs !


eco-conception-webAuteurs : Frédéric Bordage avec la contribution de Stéphane Bordage, Jérémy Chatard, Olivier Philippot
Éditeur : Eyrolles
Parution : 25 octobre 2012
Prix : 12 euros
Site web du livre

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A propos Luc Poupard

Je découvre Internet au lycée et suis immédiatement émerveillé par les possibilités offertes en terme de transmission de l'information et d’échange entre les personnes ! J'apprends sur le tas le HTML, le CSS... je découvre les standards, le monde du libre... Avide de bien faire les choses, le concept d'accès à l'information pour tous et l'accessibilité deviennent une évidence. Lors du W3Café d'avril 2011, Delphine et Sébastien parlent de l'intégration de l'accessibilité dans une démarche qualité. Cette présentation est une révélation pour moi. Je met un nom sur ce pour quoi j'œuvrais au quotidien sans le savoir : Qualité Web. De fil en aiguille je rencontre Delphine, puis David. Et lorsque Delphine me propose de prendre part au projet w3qualité, je ne peux qu'accepter !

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